Mon Burn-out (Part 1)
Aujourd’hui, le terme Burn-out est devenu malheureusement courant et connu de tous. C’est le mal professionnel du siècle. Quand le corps lâche, car le mental est trop sollicité, trop fatigué.
Nous sommes trop nombreux à vivre ou avoir vécu ce désagrément de la vie. Un jour, sans crier garde, on a le corps qui nous lâche. Pour ma part, ce fut un soir d’une journée caniculaire après une séance d’aquabike. Des tremblements, des vertiges me prennent. Je ne rentre pas bien chez moi et me repose jusqu’au lendemain. Je retourne au travail patraque. J’ai des vertiges, je ne me sens pas top. Je décide d’aller voir le médecin le soir même. Rien de grave, un petit coup de chaleur sans gravité. Mon médecin me prescrit tout de même une prise de sang pour faire le point.
Le week-end se passe. Ça ne s’arrange pas. Je vais faire ma prise de sang le lundi à 7h avant d’aller au travail. Je croise mon médecin à la sortie et lui en parle. Il a la gentillesse me prendre en consultation dès cette heure matinale. Il m’arrête 1 semaine… Le premier arrêt d’une longue série.
La première semaine d’arrêt se passe et rien ne s’améliore. Par moments, j’ai du mal à rester debout. La fin de semaine arrive, pas de changement. Je vais revoir mon médecin, il m’arrête une semaine supplémentaire afin de laisser le temps au traitement d’agir.
Durant cette seconde semaine, pas de changement. Mes parents s’inquiètent que je sois seule chez moi avec des vertiges. Par chance, j’ai une collègue en déplacement qui habite à 20km de chez mes parents. Elle me ramène en terre connue. Je vais voir mon médecin de famille. Il pense à l’oreille interne et me prescrit 10 séances de kiné. Pour ce dernier, après quelques séances, conclut que ce n’est pas l’oreille interne, mais plutôt une fatigue extrême.
Les semaines s’enchaînent , les consultations chez les spécialistes et les examens aussi. Ophtalmo, ORL, scanner cérébral, prise de sang, hyperglycémie provoquée… Rien ! Tout est normal ! Jusqu’à cette consultation chez un interniste, après plusieurs semaines c’est le médecin de la dernière chance. Le Dr HOUSE de la médecine. Il a trouvé. Ce n’est pas physique mais psychologique ! Je me prends un revers de plein fouet ! C’est moi qui me suis infligée tout cela. Un p’tit coup de Lexomil et tout rentrera dans l’ordre ! Je ne veux pas. Je refuse. Le médecin me répond que je suis plus dangereuse sans qu’avec ! Ces mots sont forts et me choquent. Je vais chercher mon traitement, à contre-cœur, je le commence le lendemain. Au bout de 48h, mes vertiges s’atténuent. Il avait raison, c’était complètement psychosomatique. Je vais revoir mon médecin de famille pour savoir la suite. C’est à ce moment-là qu’il sort le mot « Burn-out ». Je prends conscience de ce qui m’a amené à cela. Mon boulot mais surtout mon chef…
C’était mon premier vrai poste dans l’agroalimentaire. Je voulais faire bien. Je voulais être pro, qu’on m’en reproche le moins possible. J’avais été embauché pour être basée sur un des 4 sites de la société. J’étais souvent en déplacement. Mon supérieur était rattaché au siège de la société, normal pour un responsable. Il aimait avoir le contrôle sur moi. Il m’appelait le matin quand j’arrivais pour faire le point sur mes différentes tâches puis le soir 15 minutes avant que je ne parte. Je me souviens que les appels duraient des heures chaque jour. « T’es où ? » « Tu fais quoi ? » Il fallait que je lui rende des comptes. Normal, c’est mon chef. Quelques fois, il m’appelait la journée pour me demander d’appeler d’autres services pour des affaires en cours. Sauf que ces services étaient basés au siège, juste à côté de lui… La journée quand il n’arrivait pas à m’avoir au téléphone, car j’étais en production, il appelait tous mes collègues jusqu’à ce qu’il y en ait un qui me le passe. Je devais me justifier de pourquoi je n’étais pas à mon bureau. Je n’avais pas de téléphone sans fil et avec le recul, heureusement ! Je me souviens d’une fois où j’étais partie à 16h de mon travail, car j’avais un rendez-vous chez l’ophtalmo. J’avais oublié de lui dire. Le lendemain matin, je me suis pris ses foudres. Et qu’est-ce que j’ai mangé !
Il me faisait venir au siège soit disant pour participer aux comités de pilotage, mais au final, je faisais les audits internes ou des tâches sans grand intérêt qu’il n’avait pas fait. Je voulais faire bien, je voulais décrocher mon CDI alors je m’exécutais. Quelques fois, j’essuyais ses colères sans rien dire, pleurant en silence pour qu’il ne l’entende surtout pas. Lors des entretiens de fin de contrat ou de fin d’année, nous faisions le point sur mes pistes d’amélioration, mes points forts et mes objectifs. Puis lorsque nous faisions l’entrevue avec le DG, volte-face ! Il me reprochait des choses débiles comme des 2-3 fautes d’orthographe sur des documents de plusieurs pages. Je n’ai pas eu mon CDI à la fin de mon premier CDD de 6 mois, soit disant parce que je couchais avec le responsable maintenance. Rumeur qu’il avait lui-même crée et diffuser 2-3 jours avant l’entrevue. Je m’entendais très bien avec le responsable maintenance, en effet, mais ça s’arrêtait là.
J’étais donc la chose de mon chef. Sa plante verte qu’il sortait de temps en temps pour la dépoussiérer. Je me déplaçais quand il le décidait, je faisais ce qu’il me disait. Mes autres collègues ne pouvaient rien me demander. Mon contrat stipulait que je devais aider également le responsable des stockages lors des agréages des pommes de terre. Si mon chef, ne l’avait pas décidé, je ne pouvais rien faire pour lui. Je me souviens d’une formation que nous avions faite à Paris où le dernier jour de formation nous avons fini à 16h. Nous étions à 50m des grands magasins. J’aurais bien voulu faire un tour aux galeries Lafayette avant de reprendre mon train pour Troyes. Mais non, mon chef avait décidé de débriefer de la formation autour d’un verre. Ça aurait été sympa et intéressant si tel avait été le cas, mais non, il m’a tenu la jambe pendant plus d’une heure pour une discussion sans intérêt au niveau professionnel. Je n’avais aucune liberté !
Bref, je n’ai pas tout dit, mais j’étais sous la coupe de mon chef et cela me touchait plus que je ne le croyais. Le Burn-out est apparu après une session de 6 semaines de déplacement intensif. Je partais à la semaine au siège qui était à 500km de mon site. Je partais le dimanche à 16h pour revenir le vendredi soir à 22h. J’ai fait plus de 6000km en 6 semaines. J’étais plus HS et surtout il m’avait atteinte plus que je ne le pensais durant cette période.