Mon Burn-out (Part 2)

Mon médecin a mis plus de 3 mois pour diagnostiquer le Burnout dont je souffrais. J’ai pris conscience que l'emprise de mon chef en était le facteur déclenchant. Me voici donc avec mon pote Lexomil qui me soutient et malheureusement il le fait bien. Après 15 jours de traitement, je retourne chez moi en Champagne. Mes parents m’ont accompagné pour voir si tout allait bien. Je reprends le boulot après plus de 3 mois d'arrêt ! J’étais contente de reprendre ma vie, mais l’annonce de ce Burn-out et toutes les prises de conscience soulevées ont été dévastateur. La reprise du travail n’a pas été facile. J’appréhendais. J’appréhendais la reprise du rituel de mon supérieur. Les heures interminables au téléphone à entendre mon chef réfléchir à voix haute ou encore me dire que mon document est pourri, car j’ai laissé passer 2 coquilles d’orthographiques. Sans oublier les interminables aller et retour de corrections de documents pour des changements de couleurs qui n'ont pas grande importance...

 Me voilà donc à mon premier jour de reprise. Mes collègues sur site sont adorables comme d’habitude et m’accueillent avec bienveillance. Je reprends mon boulot tranquillement. Dans la matinée, le DG m’appelle pour prendre de mes nouvelles. Je suis touchée. Il est content que je sois revenue. Surprise de mon premier jour de reprise, je dois passer par la médecine du travail pour valider ma reprise. Là-bas, je tombe sur un médecin génial. Il comprend ce que j’ai traversé et me propose de faire partie d’un nouveau dispositif. Une psychologue du travail va commencer des consultations et il pense que ça pourrait m’aider. J’accepte, je n'ai rien à y perdre au contraire.

 Nous sommes en fin d’année lors de ma reprise. Qui dit fin d’année dit entretien annuel ! Dans la patate, le DG fait les entretiens des responsables. Passage oblige sur mon site pour en faire. Il désire me voir à cette occasion. Me voilà donc devant lui, forcément, je stresse à mort. Nous échangeons et il désire en savoir plus sur ce qui m’a amené à faire un Burn-out. Je décide de tout lâcher. Les appels interminables, mon autonomie proche du néant, les colères subies, les demandes qu’il peut faire lui-même car il est à proximité géographique… Je dis tout. Il n'est pas surpris. Il savait que son Responsable Qualité n'était pas facile à vivre. Il savait que pour moi ça ne serait pas facile à gérer mais il ne pensait pas que c’était à ce point-là. Il me dit qu’il va faire le nécessaire…

 J’en profite pour renégocier ma mutation au siège près de mon chef tant aimé qui avait été défini lors de l’obtention de mon CDI peu avant mon arrêt. Dans les conditions actuelles, ce n’est plus concevable. Le DG comprend, mais il doit voir avec mon N+1 pour voir si c’est envisageable. Vous vous doutez que bien évidemment ça n'a pas été possible. Que les projets qui ont justifié mon embauche sur le site de Champagne ne sont plus d’actualité. Bla bla bla, bla bla bla. Je négocie donc une rupture conventionnelle qui a été acceptée sans difficulté. Je ne peux plus travailler comme ça !

 Pendant ce temps, je suis toujours sous traitement avec mon pote Lexomil. À l’origine, je devais le prendre que durant 3 semaines. Mais cette molécule est tellement addictive que ce ne fût pas le cas. Les 3 semaines sont devenues 6 semaines. Puis on amorce la phase de décrochage. Je commence par enlever la prise du soir, car je n’avais pas de problème pour dormir. J’ai découvert les crises de manque assez vite. De préférence, la nuit, c’est tellement mieux. C’est là, que j’ai découvert les pouvoirs merveilleux du bien respirer. J’ai mis près d’un an à me débarrasser de cette molécule. Plus jamais je n'y toucherai, plus jamais ! Pour éliminer mon stress, je me suis tournée sur l’homéopathie qui fut assez efficace dans mon cas. J’avais trouvé un super homéopathe qui malheureusement a pris sa retraite 2 ans après...

 Après cet épisode, j’ai dû apprendre à vivre autrement. J’ai eu la chance de retrouver un travail dans une entreprise où j’ai pu me reconstruire et reprendre confiance en moi au niveau professionnel et personnel. Plus jamais, je veux vivre cela, car au final ce qui est le plus destructeur, ce n’est pas le burn-out lui-même, c’est la prise de conscience derrière et la reconstruction de sa vie derrière. Après ça, nous ne sommes plus jamais pareil. On sait ce qu'on ne veut plus !

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