Les examens préalables au parcours de PMA

Nous voici donc dans la batterie d’examens préalables au parcours PMA. J’ai une multitude de tests à faire : prise de sang à des jours précis du cycle, échographie, prélèvements vaginaux, hystérosalpingographie… Les prises de sang révèlent un déficit de la réserve ovarienne… Je me suis effondrée quand j’ai vu les résultats de l’analyse. Mon désir de maternité ne va pas être facile comme tout ce que j’entreprends en règle générale. J’éprouve un sentiment d’injustice. Encore galérer même pour une chose normalement si simple et qui fait partie des prérequis de la vie !

 Je ne vous ai pas raconté l’examen d'hystérosalpingographie, décrit par les radiologues comme désagréable de manière semblable à des règles douloureuses. Ce sont bien des avis de gent masculine ! Comment le fait d’aspirer un col de l’utérus tout en mettant sous pression les trompes des ovaires peut-être une simple formalité, une petite douleur ? J’ai rarement eu aussi mal lors d’un examen médical ! Et cerise sur le gâteau, on vous demande de changer de position durant l’examen, pour une meilleure vue ! Inutile de préciser que je suis sortie complètement abasourdie de ce moment de joie intense. Un des premiers examens d’une longue série qui m’attendra… Il me faudra aussi apprendre à mettre de côté ma dignité et mon intimité.

 Quelques semaines après cet examen, une petite voix et quelques signes me conduisent à faire un test de grossesse. Pourtant, je venais d’avoir mes règles. Mais mon instinct me dit de le faire. J’ai eu la joie de voir qu’il était positif. Je ne m’y attendais pas. Je pleure de joie. Enfin ! Je n’y croyais pas. Je suis soulagée. Je vais échapper au protocole qui m’attend, ouf ! J’ai préféré confirmer le test de grossesse par une prise de sang que j’ai faite dès le lendemain. Elle confirme le test et je suis enceinte de plus de 3 semaines déjà. Ce qui remonte la conception après la fameuse torture médicale, l’hystérosalpingographie. Cette dernière est connue favoriser la conception. Elle aura eu un effet bénéfique au moins !

 Quelques semaines après, je fais une échographie de datation. Tout va bien, le cœur bat. Mon gynéco se réjouit de cette nouvelle. Des semaines passent. La grossesse suit son cours, je goûte aux délices des désagréments des nausées matinales. Me concernant, c’est du réveil à l’endormissement ! On m'avait pas dit ça ! Je me dis que c’est pour la bonne cause donc je prends sur moi.

 Un jour, je constate que je saigne légèrement. Je fonce aux urgences les plus proches afin de faire un contrôle. Celles-ci me renvoient vers les urgences obstétriques de mon centre de PMA, car ils ne sont pas compétents en la matière ! Je ne savais pas qu’une échographie de suivi de grossesse était si compliquée pour un urgentiste. Me voici à prendre ma voiture et parcourir 45 km pour arriver aux urgences obstétriques. Je patiente plus de 3 heures dans un couloir sur un banc en ferraille qui me brisait le dos. Le gynéco de garde des urgences a malheureusement d’autres urgences plus urgentes que ma petite personne. Je conçois et je prends mon mal en patience. Heureusement, je ne ressens aucune douleur, aucun malaise.

 Le gynéco de garde m’appelle enfin après avoir passé toute l'après-midi en petite boule. Il est prêt de 19h. Nous sommes veille de jour férié. Il n’y a plus un chat, la clinique est déserte. Il m’accueille avec la froideur d’un serpent. Il ne dit rien à part de me déshabiller pour faire l’échographie de contrôle. Il commence l’examen. Il reste silencieux. J’observe que l’embryon s’est bien développé depuis ma dernière échographie. Je lui partage mon constat. Il me rétorque : « Vous trouvez ?! ». Je lui demande si tout va bien. J’obtiens un silence qui veut tout dire. Il m’annonce d’un ton glacial que le cœur s’est arrêté de battre. La grossesse s’est stoppée sans doute 2-3 jours avant. Il finit en disant qu’il faudra appeler le surlendemain pour prendre rendez-vous pour un curetage, si la nature ne fait pas son œuvre dans l’entrefaite. Puis il me laisse là et retourne à son bureau avec la bienveillance et l’empathie d’un mort. Étant de formation scientifique, ma première pensée a été de me dire que la nature est bien faite. Si le cœur s’est arrêté, c’est que l’embryon n’était pas viable ! 

Précédent
Précédent

Un parcours PMA : 1er haut et 1er bas !

Suivant
Suivant

Les prémices du parcours de PMA